Critique du Nouveau Monde

Le blanc modifiait sa stratégie. Le blanc la jouait fine plutôt que de tout péter et se faire remarquer, il infiltrait discrètement le beige clair, son plus proche cousin. Le blanc imitait le beige. Le blanc posait des micros. Le blanc ne comprenait rien. Il voulait tout comprendre.

Le blanc se déguisait et plaçait des micros partout. Des p’tits micros.

Le blanc se multipliait très rapidement après avoir consommé son cousin le beige.

Le comportement agressif du blanc déclencha une double érection murale du beige.

Valentin le gris craqua. « Merde » dit-il, «  je craque ». « Je perd la boule ». En réalité, il perdait son coeur en haut à droite et sous la pression le poignet avait lâché. Pour le gris c’était fini !

Thora DuBoudin

Critique du Nouveau Monde

Pour montrer leur pouvoir et imprimer la sécurité absolue sur les choses et les gens, les marcheurs repeignaient tout en blanc. C’était plus sain, plus hygiénique. Après avoir limé les têtes de lion, trop fier pour leur maître, ils les remplaçaient par des opercules de boîte de bière blanche. On allait tous bientôt nager dans le blanc.

On peut nettement apprécier l’évolution du blanc dans cette scène. Le long sac noir qui gît par terre à droite est la mue du marcheur fraîchement réifié en blanc dans la vitrine. Où tout ce blanc va t’il nous mener ?

L’empreinte du blanc étendait son emprise chaque jour un peu plus. On sentait le blanc à plein nez …

Un vélo avait réussi à échapper au blanc des marcheurs… cible favorite de ces derniers. Ce n’était pas le cas tous ces pauvres 2 roues. L’un d’entre d’entre eux gisait près du caniveau dans la blancheur absolue et son odeur blanche envahissait la rue…

Thora DuBoudin