Chronique Japonaise

FELLINI-KABUKI

Après avoir pris l’inspiration auprès des carpes du Jardin Ritsurin à Shikoku, nous primes le train à la recherche d’une piscine qui s’avéra fermée.  À la sortie de la gare mon attention fut attiré par des affiches qui rappelaient le Kabuki. 

C’était un dimanche, vers midi, les rues noyées de soleil étaient désertes… Voulant savoir de quoi il retournait,  je me retrouvais dans les coulisses d’un petit théâtre où les comédiens se maquillaient… la représentation commençait dans une heure.

Nous ne fûmes pas déçus.

Un public fait de personnes âgées et d’un hospice composaient le parterre + 2 gaïjins (ma femme et moi). On nous autorisa à dessiner, à filmer, mais pas à danser…

Il faut préciser que nos moyens de communication étaient très limités (l’anglais japonisé fonctionnait a minima) : l’essentiel de l’échange tenait dans une mimique, une gestuelle. Un héritage issu de la Comedia del Arte facilita certainement le contact, voire la fraternisation avec la troupe.

Pourtant restait cette consigne :  « Faites ce que vous voulez, vous pouvez chanter, mais n’allez pas danser sur scène… ». On nous installa comme des rois, fauteuils, couvertures, boissons.

Kitch & Disco servit de préambule à un  théâtre de genre. Kabuki ? Farce traditionnelle ?

Et lorsque nous partîmes avec un passage obligé par les coulisses, la troupe nous couvrit de cadeaux. Photos, Posters, écharpes et même un DVD..

Fellini aurait aimé ce spectacle s’il les avait rencontrés et peut-être un film… c’est le plus grand compliment à leur faire.

À écrire ces quelques lignes, je suis rempli de gratitude en pensant à ce moment dans ce théâtre, à rire avec ce public, à dessiner, à filmer, à photographier, et même si j’y ai pensé, à aucun moment je n’ai enfreint la règle et été danser sur scène.

Ce théâtre se trouve dans le quartier Busshozan de la ville de Takamatsu. Après une petite recherche, il semblerait que ce genre de spectacles est connu sous le nom de Taishu-Engeki. Le taishû engeki (大衆演劇 ) peut être traduit par «théâtre des masses». Moins élitiste que le Nô ou le kabuki, ce théâtre populaire mêle des éléments du théâtre traditionnel avec des séquences proches de la comédie musicale, du transformisme, des chorégraphies au sabre, parsemées de chants populaires dits enka (演歌). De nos jours, plus de 100 types de troupes différentes voyagent à travers le Japon.

David Billa , auteur de l’excellent blog ogijima.fr nous a apporté cette précision. Merci à Moko qui nous a traduit la pochette du DVD offert par les artistes de la troupe Enishi dirigée par Tatsuya Hase.

Margret et François Vitalis

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