Le Bouddha de Bayon, embarquement porte Sud

J’ai déjà fait quelques aquarelles de ce Bouddha, mais j’y reviens souvent avec plaisir. La forme en perpétuelle évolution et la pierre pigmentée de couleurs minérales et végétales ouvre la porte Sud à tous les mystères.

Ce Bouddha est une star, il a tourné dans de nombreux films, dont l’un qui m’est resté, si c’est bien lui. Dans PLATOON, d’Oliver Stone. Pendant la guerre du Viêt Nam… Il fait encore nuit, un gros gecko gris pommelé de tâches oranges se déplace lentement sur la gigantesque joue du Bouddha, il s’arrête et lâche son cri puissant… en bas, dans les herbes humides, un GI sort la tête de son poncho plastifié. Réveillé en sursaut il chasse les fourmis qui courent sur son visage. L’aube lourde d’humidité se lève sur coin paumé de la frontière cambodgienne où les américains ont tendu une embuscade au milieu de la jungle. Tout le monde dort sauf le nouveau… et nous voyons par les yeux du bleu-bite se dessiner, lentement, dans les brumes de l’aube la silhouette d’un VC cramponné à sa kalache. Par delà ce cauchemar magnifiquement tourné et cette dramaturgie, quel grand passeur !

Étrange et fantastique Bouddha d’Angkor. Photographié sous tous les angles. Dans cette nature stupéfiante, qui ne lâche jamais ce bras de fer avec l’architecture… mais gourmande, elle dorlote la pierre avec ses lichens, ses orchidées et ses racines, ses torsions qui brouillent horizontalité et verticalité. Séduction continue et suave, arrosée de pluies aux couleurs d’aquarium et de boue rouge aux couleurs de sang.

François Vitalis

Phnom Krom : lumière et musique du silence

La lumière et la musique du silence qui baigne ces images me font penser à nos vanités… quand les ors des temples s’en vont à l’abandon, le temps de travaux plus ou moins longs. Alors, les temples livrés aux chiens et aux enfants, trouvent une nouvelle vie. Les petites filles, sous la douce autorité d’une aînée, se soumettent à des jeux de prunelles, tandis que les garçons, voletant comme des moineaux, sont partout et nulle part à la fois. Puis la sérénité se déploie, s’émancipe dans le son d’une cloche qui rassemble tous les aboiements des chiens et les bruits alentour.

François Vitalis

JO, le street-painter de Hua Hin

Je photographie, en situation, des peintures de Jo depuis 5/6 ans et, il y a 10 jours, un gus avec une barbe de taliban s’installe à côté de moi et regarde le parking que j’étais en train de dessiner. On discute le bout de gras et, le lendemain, je le revois en train de dessiner dans la rue à 10 m du parking… J’ai tout de suite compris que les peintures marrantes sur les murs de Hua Hin (Thaïlande) c’était lui. JO.

Jo ne se réclame de personne et ne demande rien. Il peint sur les murs de Hua Hin. Hôtel, salon de massage. Ici tout le monde le connaît. Les propriétaires lui donnent parfois de l’argent. Le plus souvent rien.

Il peint parce qu’il est peintre et que toutes ses couleurs et ses lignes doivent un jour ou l’autre se projeter sur son environnement.

Hua Hin est son théâtre d’opération principal. A Bangkok, ça n’a pas collé. Les flics l’ont mis en prison. Jo est rentré chez lui à Hua Hin où il est accepté.

Les habitants savent que, la nuit, formes et couleurs se glissent sur les murs.

François Vitalis

 

 

Urban Art

François Vitalis nous écrit de Hua Hin :

“Je suis devenu pote avec le peintre urbain local. Je connaissais ses œuvres que j’avais vues et photographiées plusieurs fois á Hua Hin, ancienne cité d’été du Roi de Thaïlande, station balnéaire tombée en désuétude, ( un univers à la Loustal ) faisant une petite concurrence à Pattaya, l’ensemble créant une ambiance propice à la création sous toutes ses formes …
Je me suis dit qu’un petit film serait bien venu pour le blog”.

 

TOUT S’ARRANGE !

Il était une fois, entre Vavin et Montparnasse, à deux pas de la Grande Tour, une petite boutique qui s’appelle : TOUT S’ARRANGE.

On peut essayer, encore pour un moment, de passer devant, mais attention, lorsque vos yeux se posent sur la vitrine, il vous sera très difficile de vous échapper.

Cette boutique est pleine de sortilèges.

Il y vit des créatures, sorties d’un carnaval miniature, plus connues sous le nom de “Petit Bonhomme”… les pouvoirs des Petits Bonshommes sont beaucoup plus forts qu’il n’y paraît.

Nourris à la nostalgie de l’enfance, ils vont vous entrainer… vous vous retrouverez bientôt dans un monde que vous aviez peut être oublié.

Ce monde miniature existe depuis toujours, la boutique TOUT S’ARRANGE, elle, va malheureusement fermer bientôt….

Merci Nathalie, de nous avoir présenté tous ces Petits Bonshommes.

N8 – Episode 8

illustration - Oghia

illustration – Oghia

Massacre au Louvre

Ep8 - couverture

71

Fillon de son côté progressait dans ce cirque. L’intensité du merdier se déplaçait avec sa logique propre, défiant toute organisation. Cela pouvait partir d’une rue étroite aussi bien que d’un croisement plus spacieux. Les sons montaient jusqu’à un niveau élevé et au moindre silence Lire la suite

N8 – Episode 7

illustration - Oghia

illustration – Oghia

Paris open gun

Ep7 couverture

58

– Léon, ça a jamais été un play-boy ! D’ailleurs, y’a un moment pour tout. Les gonzesses y couraient pas après. Catalogué blaireau, il était blaireau et il se tenait à sa place de blaireau. On lui connaissait bien une passion pour les armes. Ancien sous-off, flic, renvoyé de la police (on savait pas trop pourquoi), il avait été convoyeur de fonds, il avait toujours tripoté des armes et il avait mis à profit ses activités pour se monter une petite collection. En Afrique il avait rapporté des armes prises à l’ennemi, dans la police il avait mis de côté des armes prises à des voyous. Et puis, il avait monté son garage Lire la suite

N8 – Episode 6

illustration - Oghia

illustration – Oghia

Les stylistes du crimeEp6 - couverture

48

Pas très loin, dans un loft aménagé du 12ème arrondissement, le Dr D. tenait une réunion qui n’avait plus rien de scientifique. Les traces de peinture laissaient penser qu’ils se trouvaient dans un ancien atelier. Le mobilier de bric et de broc accentuait ce côté bohème. La fumée épaisse des cigarettes avait envahi la grande pièce en forme de couloir. Attablés en face du docteur, une vingtaine d’hommes entre trente et quarante ans, d’allure sportive, le cheveu court et la chaussure tenant bien la cheville écoutait un petit discours buvant des alcools disposés çà et là. Il régnait une ambiance curieuse due peut-être à ce paradoxe entre cette salle étonnamment silencieuse et ce public dont on sentait très bien que l’écoute n’était pas la qualité première. Lire la suite